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La révolte est-elle le propre de l'homme ?

Hélène Mouchard-Zay, fille de Jean Zay. Ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts en 1936, Jean Zay soutint la création du Musée de l’Homme.
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Si l’Homme peut parfois être violent, et ce depuis plusieurs milliers d’années, c’est aussi un animal altruiste, le seul capable de se révolter pour une cause qui lui paraît juste. L’espèce humaine dispose d’une faculté qui lui est propre, un sentiment d’humanité envers tous les membres de son espèce.

 

 

L’Homme est un animal altruiste et curieux, qui a soif de nouveauté. D’ailleurs, nous sommes la seule espèce parmi les grands singes à être sorti de notre environnement tropical pour explorer tous les milieux de notre planète…

 

Bien sûr, nous sommes loin d’être une créature uniquement pacifique, et cela depuis des milliers d’années. « C’est à partir du Néolithique, il y a 10 000 ans environ, que les violences entre hommes ont pris un essor particulier », précise Evelyne Heyer, professeur d’anthropologie génétique au Musée de l’Homme. On retrouve à cette période de plus en plus de fossiles avec des marqueurs de comportements guerriers : coups portés à la tête, thorax transpercés par des flèches… Un essor de la violence qui va de pair avec la sédentarisation des populations humaines et le début des sociétés modernes. Difficile néanmoins de comprendre le pourquoi de ces épisodes guerriers… La révolte est une pensée qui ne fossilise pas !

 

Mais la guerre n’est pas le propre de l’homme, puisqu’on a déjà démontré des guerres entre des groupes de chimpanzés. Le chimpanzé peut être une espèce agressive, ou les mâles éliminent physiquement leurs rivaux pour obtenir des territoires, des partenaires, ou d’autres ressources.

 

Néanmoins ce qui guide l’Homme moderne à la révolte est aussi une faculté qui lui est propre : son sentiment d’humanité envers tous les membres de son espèce. Alors que chez les autres animaux, un individu peut prendre la défense d’un de ses congénères apparentés, l’Homme a la spécificité d’avoir de l’empathie pour tous ses semblables. « Le sort d’un autre nous touche, même si ce n’est pas quelqu’un de notre famille, ou quelqu’un qui est proche de nous », précise Evelyne Heyer. Certes l’Homme, comme d’autres espèces, peut faire preuve d’un caractère violent, mais il est, à ce jour, le seul capable de s’indigner et de se révolter pour une cause qui lui paraît juste.

 

Propos recueillis par Rémi Pin

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