Crédits


Quels sont les premiers instruments de musique utilisés par l’Homme ? 

Mattia
38 ans
aubervilliers
RETOUR AUX QUESTIONS
Musée de l'hommme
Patrick Paillet, préhistorien au Musée de l'Homme

Les plus anciens musiciens humains connus à ce jour utilisaient flûtes, sifflets et racleurs. Depuis 35 000 ans, la musique semble omniprésente dans l’univers spirituel des Hommes.

 

 

Les premiers indices d’une pratique musicale dans la préhistoire datent du Paléolithique supérieur, il y a environ 35 000 ans.

 

Un des plus vieux instruments de musique connu à ce jour, une flûte, a été découvert en 2008 dans la grotte de Hohle Fels en Allemagne. Il s’agit de plusieurs fragments d’os de vautour perforés de trous régulièrement espacés. Deux autres flûtes étaient aménagées dans des os de cygne et dans l’ivoire de mammouth. Ces ossements ou ces ivoires perforés constituaient  de parfaits instruments à vent.

On connait également des phalanges de rennes qui faisaient office de sifflets et des os ou des bois de renne qui ressemblaient à des racleurs, le son étant produit par friction à l’aide d’une baguette en bois ou en os.

Dans le domaine des aérophones on peut également citer le rhombe, qui est une pièce en os (ou en bois) de forme allongée fixé à une cordelette. La rotation de l’objet crée un vrombissement caractéristique qui varie en fonction de la forme, de la taille de l’objet et de la vitesse de rotation.

 

Nous ne possédons presque aucun objet qui témoigne de la pratique des percussions. Sans preuve, on imagine les percussions sur peau tendue ou sur des tambours en bois qui n’ont laissé aucune trace, mais aussi sur des matériaux lithiques que l’on ne parvient pas encore à caractériser.

 

« La musique semble omniprésente dans l’univers spirituel des hommes préhistoriques mais elle ne laisse que des traces indirectes. Les quelques instruments que nous connaissons depuis 35 000 ans constituent de solides preuves matérielles de la diversité irréductible des comportements symboliques durant la Préhistoire, précise Patrick Paillet, préhistorien au Muséum national d’Histoire naturelle. Enfin, on ne peut pas imaginer que la musique ait fonctionné à l’écart des expressions corporelles, comme la danse par exemple ». Mais si les sons

et les gestes ne laissent guère de traces fossiles,  on peut toujours interroger les représentations pariétales préhistoriques qui nous donnent parfois des indices ténus, comme dans la grotte de l’Addaura en Sicile, où un groupe d’humain semble se livrer à des danses rituelles ou des acrobaties.  

 

Propos recueillis par Rémi Pin  

Partagez :