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Pourrons-nous connaître un jour la date de notre décès ?

Pfister
58 ans
Yverdon-les-Bains
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Musée de l'hommme
Pierre Darlu, spécialiste de génétique des populations humaines et d’évolution au Musée de l’Homme

Si notre ADN semble porter les traces de notre vieillissement, une étude approfondie de notre génome ne nous donnera jamais la date de notre mort. Il y a tant de façons de mourir, mais aussi tant de façons de repousser cette échéance. 

 

 

La première indication serait sans doute de se fier à l’espérance de vie. En France elle est de 78,2 ans pour un homme, 85,1 ans pour une femme. Mais elle varie selon les pays, par exemple 80 ans pour un Japonais et 86,9 ans pour une Japonaise, 60 ans pour un Soudanais, 62,7 pour une Soudanaise. Des différences que l’on doit aux conditions de vie, à l’alimentation, à l’accès à la médecine… Beaucoup de variables qui rendent difficile, voire impossible, de déterminer l’âge précis auquel chacun d’entre nous mourra.

 

Des chercheurs américains ont récemment avancé que notre âge serait inscrit dans nos cellules, et plus particulièrement dans notre matériel génétique. Tout au long de notre vie, notre ADN subit certaines modifications dans sa structure. Le processus de méthylation est par exemple un phénomène continu, que l’on peut simplifier par : plus l’on vieillit et plus l’ADN se méthyle. Mais si notre ADN donne des informations sur notre âge, la date de notre mort n’est pas du tout inscrite dans code génétique !

 

Connaître la date de son décès, si celui-ci n’est pas programmé par l’individu lui-même, est donc impossible. La vie est un long fleuve tranquille qui peut s’interrompre d’un jour à l’autre et pronostiquer sa mort restera sans doute un fantasme de l’Homme. Pour le moment, la seule certitude est qu’il est possible d’allonger son espérance de vie en respectant un mode de vie sain et équilibré… Et en regardant des deux côtés de la rue avant de traverser !

 

Propos recueillis par Rémi Pin

 

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