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Pourquoi la reproduction est difficile chez l’Homme ? 

Jane
65 ans
Paris
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Musée de l'hommme
Samuel Pavard, bio-démographe au Musée de l’Homme

Suppression  « naturelle » des ovules fécondés, grossesse et accouchement plus risqués que chez d’autres animaux… La reproduction s’avère compliquée chez l’Homme par rapport à d’autres animaux. Les femmes humaines restent néanmoins d’excellentes « reproductrices ».

 

 

La reproduction semble en effet plus difficile chez l’Homme que chez d’autres espèces de primates et ce pour plusieurs raisons.

 

La première est que l’ovulation est cachée chez la femme. Elle est tout d’abord cachée vis-à-vis des autres, contrairement à la plupart des autres mammifères où les femelles montrent des signes physiologiques et comportementaux lors de l’ovulation. Ensuite, les femmes elles-mêmes ont peu ou pas conscience de leur ovulation. Il est donc difficile de savoir quand avoir des rapports sexuels lorsque l’on veut un enfant ou à l’inverse quand les éviter pour éviter une grossesse non désiré !

 

Les avortements spontanés rendent également le succès de la reproduction plus aléatoire. De nombreuses mutations, dites récessives délétères, peuvent provoquer l’avortement de l’embryon si elles sont présentes à la fois dans l’ADN reçu de la mère et du père.

Des études récentes montrent également qu’un embryon serait plus ou moins viable selon la « compatibilité » génétique du père et de la mère, notamment au niveau des gènes de l’immunité. Au final, une forte proportion des ovules fécondés (probablement au moins 50%) sont éliminés très précocement (les femmes ne s’en rendent souvent pas compte et cet avortement est souvent confondu avec un léger retard des règles).

 

Pendant la vie in utero,  la grossesse semble également plus risquée chez l’humain que chez d’autres espèces de primates. Des études récentes montrent par exemple que la vascularisation de l’utérus est très profonde chez la femme. Cela permettrait à l’embryon de capter plus facilement les nutriments nécessaires à la croissance du cerveau. En revanche, cela rendrait la grossesse plus risquée et entrainerait un risque d’hémorragie plus important.

 

Enfin l’accouchement est aussi plus difficile pour l’espèce humaine. La taille du canal pelvien par lequel passe le bébé est réduit par rapport la taille du crâne d’un nouveau-né, ce qui rend l’accouchement plus compliqué, douloureux et dangereux dans notre espèce.

 

Malgré toutes ces difficultés, les femmes humaines restent d’excellentes reproductrices et sont capables de mettre au monde un grand nombre d’enfants en peu de temps ! Une femme est physiologiquement capable d’avoir un enfant tous les deux ans, alors que l’intervalle entre deux naissances est plutôt de quatre ans chez les chimpanzés. Il est fréquent, en absence de contraception moderne, de voir des femmes mettre au monde plus de dix enfants au cours de leur vie.

                                                                                                                                                                      Propos recueillis par Rémi Pin

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